Calendrier des crimes impunis en RDC : Incident du 29 Septembre 2003

En septembre 2003, des éléments de l’ANC ont violé collectivement un nombre indéterminé de Pygmées dans le village de Mudja, à la lisière du parc national des Virunga, à une quinzaine de kilomètres au nord de Goma. Il leur ont aussi infligé des traitements cruels, inhumains ou dégradants et les ont détenus arbitrairement808.

Pour des raisons de compatibilité nous avons indiqué une date précise mais le rapport mapping ne précise pas !

Nord-Kivu

Actuelle(s) province(s) :
Nord-Kivu

Contexte dans lequel s'est déroulé l'incident

La marque bleue indique le paragraphe de référence dans le Rapport Mapping

439. À compter de la fin de 2000, le RCD-Goma a tenté de renforcer sa base populaire dans le Nord-Kivu. À cet effet, il a nommé au poste de Gouverneur de la province un Banyarwanda hutu, Eugène Serufuli. Ce dernier a tenté de recréer autour du concept de « rwandophonie » l’unité mise à mal, depuis le début des années 90, entre Banyarwanda tutsi et hutu. Afin de briser l’alliance nouée entre les Mayi-Mayi et les ex-FAR/Interahamwe et les groupes armés hutu regroupés au sein des FDLR, le Gouverneur a proposé aux Mayi-Mayi une paix séparée et recruté massivement des Banyarwanda hutu au sein de forces de défense locales, appelées aussi « Local Defence Forces », alliées aux militaires de l’ANC/APR.

440. Malgré l’échec de l’opération « Oracle du Seigneur » lancée par les FDLR contre le Rwanda en mai-juin 2001 et le début du retrait des militaires rwandais de la province en septembre 2002, la stratégie du RCD-Goma envers les groupes Mayi-Mayi et les Banyarwanda hutu n’a cependant pas eu l’impact escompté. La plupart des groupes Mayi-Mayi, encouragés en cela par le Gouvernement de Kinshasa ont en effet refusé de négocier avec le RCD-Goma et ont maintenu leur alliance avec les FDLR. En réaction, le RCD-Goma a tenté de diviser les différents groupes Mayi-Mayi et offert à certains chefs Mayi-Mayi des postes dans l’ANC en échange de leur collaboration dans la guerre contre les groupes coopérant avec les FDLR. Comme lors de la période précédente, sur fond de pillage généralisé des ressources naturelles par les différentes forces en présence, les civils ont continué d’être pris pour cibles par les groupes armés. Compte tenu des difficultés d’accès à certaines zones et du manque de temps, l’Équipe Mapping n’a pu documenter que quelques cas de violations alléguées ...

441. Au cours de la période considérée, les populations pygmées ou Twa des territoires de Beni et Butembo ont été régulièrement attaquées par les militaires de l’ANC et les FDLR. Les pygmées étaient régulièrement accusés de collaborer avec l’un ou l’autre groupe armé. Il semble cependant que certaines violations, comme les viols, aient été motivées par la croyance selon laquelle le viol des femmes pygmées constitue un remède contre les maladies.

Territoires de Beni et Lubero (Grand-Nord)

442. Dans les territoires de Beni et Lubero contrôlés par le RCD-ML, les combats entre, d’un côté les troupes de l’APC (branche armée du RCD-ML) et de l’UPDF et, de l’autre, les différents groupes Mayi-Mayi locaux se sont poursuivis.

443. À compter de 2001, des groupes Mayi-Mayi et des militaires de l’UPDF, soutenus parfois par des éléments de l’APC, se sont livrés à des combats acharnés pour le contrôle du village d'Irango, à une vingtaine de kilomètres de Beni.

444. Dans la ville de Beni, les militaires de l’UPDF ont fait régner un climat de terreur pendant plusieurs années en toute impunité. Ils ont exécuté sommairement des civils, torturé et détenu arbitrairement un nombre indéterminé de personnes, dont plusieurs dans des trous boueux de deux ou trois mètres de profondeur.

808 Ibid.

Déroulé entre Janvier 2001 – juin 2003 quand on tend vers la transition