Calendrier des crimes impunis en RDC : Incident du 05 Octobre 2020

En juillet et août 2000, au cours de leurs attaques sur la ville minière de Lulingu, à 90 kilomètres du centre ville de Shabunda, des Mayi-Mayi ont tué un nombre indéterminé de civils, commis des actes cruels, inhumains et dégradants et pillé la ville. Vingt-cinq civils au moins sont morts noyés dans la rivière Lugulu alors qu’ils tentaient de s’enfuir579.

Pour des raisons de compatibilité nous avons indiqué une date précise mais le rapport mapping ne précise pas !

Sud-Kivu

Actuelle(s) province(s) :
Sud-Kivu

Contexte dans lequel s'est déroulé l'incident

La marque bleue indique le paragraphe de référence dans le Rapport Mapping

351. À Bukavu, au cours des premières heures suivant le déclenchement de la deuxième guerre, les militaires tutsi qui s’étaient mutinés avec l’aide de l’APR ont été confrontés à une forte résistance de la part des militaires des FAC restés fidèles au Gouvernement de Kinshasa.

352. Malgré leur conquête rapide de la plupart des villes du Sud-Kivu, les militaires de l’ANC/APR/FAB ne sont pas parvenus à contrôler les campagnes. Le parti-pris du RCD en faveur de la communauté tutsi et banyamulenge, sa dépendance politique et militaire vis-à-vis du Rwanda et les violences commises par ses militaires à l’encontre des civils, des chefs coutumiers et des membres du clergé catholique ont, en effet, privé le mouvement du soutien de la majorité des habitants de la province. Dans les mois suivant le déclenchement de la deuxième guerre, de nombreux jeunes hommes se sont engagés dans les groupes armés Mayi-Mayi existants ou ont participé à la création de nouveaux groupes, comme le Mudundu 40, dans le territoire de Walungu. Nombre de ces groupes ont noué des alliances avec les ex-FAR/Interahamwe et les groupes armés hutu réorganisés au sein de l’ALiR ainsi que le groupe armé hutu burundais des CNDD-FDD.

353. À l’exception de la Division spéciale Mayi-Mayi du général Padiri dans le groupement de Bunyakiri et le territoire de Shabunda et, dans une moindre mesure, des Forces d’autodéfense populaires (FAP) du colonel Dunia qui ont reçu du Gouvernement de Kinshasa des armes et de l’argent pour coordonner leurs opérations, la plupart des groupes Mayi-Mayi du Sud-Kivu ont fonctionné de manière très décentralisée. Confrontés aux attaques des groupes Mayi-Mayi, des FDD et de l’ALiR, les militaires de l’ANC/APR/FAB ont réagi en multipliant les opérations de ratissage, les viols et en attaquant systématiquement les populations civiles soupçonnées de collaborer avec leurs ennemis. De leur coté, les groupes Mayi-Mayi, les éléments du CNDD-FDD et ceux de l’ALiR ont eux aussi attaqué et violé les civils qu’ils avaient accusés de soutenir le RCD. Ils ont aussi volé leurs biens et ont commis de nombreux pillages541.

354. Entre août 1998 et janvier 2001, les militaires de l’ANC/APR et les Mayi-Mayi se sont affrontés pour le contrôle de la ville minière de Lulingu, qui comporte un nombre important de mines de coltan 578 et dont le contrôle était de ce fait jugé stratégique par les belligérants.

355. Dans le territoire de Shabunda, l’un des principaux chefs des Mayi-Mayi de Bunyakiri avait établi son quartier général dans la localité stratégique riche en minerais de Nzovu, de la chefferie de Bakisi du groupement de Bamuguba-Sud, à 192 kilomètres au sud du centre ville de Shabunda. En 1999, le Gouvernement de Kinshasa avait envoyé par avion sur la piste d’atterrissage de la localité des armes et des munitions afin de soutenir la division Mayi-Mayi Est. Tout au long des années 1999 et 2000, les Mayi-Mayi de Nzovu et les militaires de l’ANC/APR se sont affrontés pour le contrôle de la région.

 

541 Les violations imputables aux groupes Mayi-Mayi sont à première vue moins nombreuses que celles commises par les autres groupes armés opérant dans la province. Ce phénomène peut s’expliquer de plusieurs manières. Dans certains cas, les groupes Mayi-Mayi ont effectivement agi comme des milices d’autodéfense communautaires et n’ont que rarement pris pour cibles les civils. Dans d’autres cas, la population n’a pas souhaité confirmer les violations qui leur sont imputables car elle considère toujours que ces groupes ont joué un rôle globalement positif pendant la guerre. Dans d’autres cas encore, la population a pu refuser de confirmer des incidents par peur d’avoir à subir des représailles, certains de ces groupes étant toujours actifs dans la région.

579 Entretiens avec l’Équipe Mapping, Sud-Kivu, avril 2009; AI, « Dans l’est de la RDC sous contrôle rwandais: un tribut humain accablant », 2001.

Déroulé entre Août 1998 – janvier 2000 lors de la deuxième guerre