Calendrier des crimes impunis en RDC : Incident du 05 Mai 2000

Le 5 mai 2000, l’APR et l’UPDF ont fait usage d’armes lourdes dans des zones à forte densité de population, causant la mort de plus de 24 civils et en blessant un nombre indéterminé d’autres. Avant le début des hostilités, l’armée ougandaise avait prévenu la population de l’imminence de bombardements et avait demandé l’évacuation de plusieurs périmètres situés à proximité de leurs cibles599.

Province Orientale

Actuelle(s) province(s) :
Bas-Uele Haut-Uele Ituri Tshopo

Contexte dans lequel s'est déroulé l'incident

La marque bleue indique le paragraphe de référence dans le Rapport Mapping

358. Entre août et septembre 1998, les militaires de l’ANC/APR/UPDF ont pris le contrôle de la quasi-totalité de la province Orientale. Dans leur fuite, les militaires des FAC se sont livrés à des actes de pillages, en particulier dans les territoires d’Opala, Basoko et Yahuma. Ils ont également exercé une répression brutale contre tous ceux qu’ils soupçonnaient de soutenir le RCD.

359. Après le retrait des FAC de la province Orientale, de nombreux civils se sont engagés dans les groupes armés Mayi-Mayi et ont attaqué les militaires de l’ANC/APR en plusieurs points du territoire. En représailles, les militaires de l’ANC/APR ont mené des expéditions punitives contre des populations civiles soupçonnées de collaborer avec les Mayi-Mayi.

360. Au cours de la période considérée, des avions des FAC ont bombardé à plusieurs reprises les positions de l’ANC/APR/UPDF en province Orientale.

361. En août 1999, alors que s’intensifiait la pression internationale pour que les responsables du RCD-Goma signent l’accord de Lusaka597, la crise latente entre le Rwanda et l’Ouganda pour le contrôle du RCD a dégénéré en conflit ouvert à Kisangani. Le 7 août au matin, les militaires de l’APR et de l’UPDF se sont affrontés à l’arme lourde pendant plusieurs heures sans faire de blessés parmi les civils. Au cours des jours qui ont suivi, le calme est revenu. Toutefois la tension n’a cessé de monter et les deux camps ont renforcé leurs positions et acheminé de grandes quantités d’armements autour de la ville. Le 14 août au soir, les combats ont repris entre les deux armées au niveau de l’aéroport avant de s’étendre aux principaux axes routiers et au centre ville.

362. Au terme de trois jours de combats, l’Ouganda et le Rwanda ont signé un accord de cessez-le-feu prévoyant la démilitarisation de Kisangani et la relocalisation à Bunia, le 1er octobre 1999, du quartier général de la branche pro-ougandaise du RCD, le RCD Kisangani-Mouvement de Libération (RCD-K-ML) dirigé par Wamba dia Wamba. Au cours des mois suivants, la province Orientale s’est trouvée divisée entre une « zone rwandaise » sous contrôle du RCD-G et une « zone ougandaise » dominée par les différents mouvements soutenus par Kampala. En mai 2000, cependant, à Kisangani la tension entre les armées ougandaise et rwandaise est à nouveau montée d’un cran. L’UPDF a renforcé ses positions militaires au nord-est de la ville et l’APR a réagi en acheminant de l’armement supplémentaire.

363. Le 12 mai 2000, une équipe d’observateurs militaires des Nations Unies a été envoyée sur place. Sous médiation internationale, les deux parties ont adopté un plan de démilitarisation de la ville qu’ils ont commencé à exécuter le 29 mai. Toutefois, dès le 5 juin les combats ont repris, donnant lieu à la guerre dite « des Six Jours ».

 

597 Pour le texte de l’Accord, voir S/1999/815, annexe.

599 Entretiens avec l’Équipe Mapping, province Orientale, novembre 2008; Judicial Commission of Inquiry - Republic of Uganda, « Final Report on Allegations into Illegal Exploitation of Natural Resources and Other Forms of Wealth in the DRC 2001 », novembre 2002; Groupe Justice et Libération, « La guerre des alliés à Kisangani (5 mai-10 juin 2000) », 2000; Groupe Lotus, « Les rivalités ougando-rwandaises à Kisangani: La prise en otage de la population civile », mai 2000.

Déroulé entre Août 1998 – janvier 2000 lors de la deuxième guerre