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Comment est ce qu'il y a eu massacres entre Mars 1993 – juin 1996 à (au) Reste du pays ?

La marque bleue indique le paragraphe de référence dans le Rapport Mapping

174. Au cours de cette période, certaines provinces ont connu un processus de démocratisation chaotique accompagné d’une montée de la xénophobie qui s’est soldée par des persécutions contre les « non-originaires » et des actes de violences à l’encontre des opposants. Le bras de fer politique entre le Président Mobutu et Étienne Tshisekedi de l’UDPS et la manipulation du sentiment régionaliste et tribaliste par les acteurs politiques locaux ont donné lieu à de nombreux abus et actes de violences à l’encontre des opposants et des non originaires dans les différentes provinces.

Bas-Zaïre (Bas-Congo)

175. En 1994, le Gouverneur de la province du Bas-Zaïre, M. Bieya Mbaki, a tenu plusieurs réunions publiques, en particulier au mois de septembre, au cours desquelles il a incité les autochtones de la province à se débarrasser de tous les « non originaires » occupant des postes importants dans la région. Utilisant des slogans xénophobes et incitant à la haine ethnique, le Gouverneur et les autorités locales auraient expulsé plusieurs ressortissants des Kasaï et ont lancé un ultimatum aux « non originaires » afin qu’ils quittent la province avant le 24 novembre 1994 (date d’anniversaire du coup d’état de Mobutu, le 24 novembre 1965). On peut citer à titre d’exemple de cette campagne de persécution les deux incidents allégués suivants:

Maniema

176. Au cours de cette période, les changements politiques en cours à Kinshasa n’ont eu qu’un impact tardif et limité sur le Maniema. La province est restée sous le contrôle du Gouverneur Omari Léa Sisi et du Mouvement pour la révolution (MPR), le parti du Président Mobutu. En 1994, face aux tentatives de l’opposition de s’organiser sur le terrain, le Gouverneur a demandé le déploiement d’un contingent de la Garde civile afin de venir renforcer la garnison de la gendarmerie nationale. Au cours de l’année 1995, la gendarmerie et la Garde civile auraient commis des dizaines de viols, fait subir des tortures et des traitements cruels, inhumains et dégradants à de nombreux civils et pillé un grand nombre de biens. Les rapports publics ont mentionné l’existence de dizaines de cas graves.

Kasaï occidental

177 Tandis que le Zaïre s’enfonçait plus que jamais dans la crise économique, le gouvernement Birindwa a lancé en octobre 1993 une réforme monétaire et introduit une nouvelle devise, le « Nouveau Zaïre ». L’usage de cette monnaie a cependant été aussitôt contesté par Étienne Tshisekedi et l’Église catholique. Dans les fiefs de l’opposition, comme les deux provinces des Kasaï, la population s’est mobilisée pour faire échec à la réforme monétaire. Face à cette situation, le Président Mobutu a envoyé des renforts militaires dans la province du Kasaï occidental.