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Comment est ce qu'il y a eu massacres entre Janvier 2001 – juin 2003 à (au) Reste du pays ?

La marque bleue indique le paragraphe de référence dans le Rapport Mapping

1. Kinshasa

455. Entre janvier 2001 et juin 2003, la répression contre les opposants politiques et les membres de la société civile a continué. Même si les cas de violations ont été moins nombreux, les forces de sécurité ont continué à commettre en toute impunité des meurtres, des exécutions sommaires et extrajudiciaires, des viols et des actes de torture. Ils ont aussi fait disparaître un nombre indéterminé de personnes. Les conditions de détention sont restées cruelles, inhumaines ou dégradantes et propres à causer de lourdes pertes en vies humaines.

456. Au cours de la période considérée, plus d’une trentaine de communications concernant des cas à Kinshasa ont été envoyées au Gouvernement via les mécanismes prévus par la Commission des droits de l’homme, parmi lesquels le Groupe de travail sur les disparitions forcées ou involontaires, le Rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, le Rapporteur spécial sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants et le Groupe de travail sur les détentions arbitraires854. Un grand nombre de ces communications concernaient les violations des droits de l’homme commises en relation avec la poursuite des personnes suspectées d’avoir participé à l’assassinat du Président Kabila.

457. Au cours de la période considérée, les forces de sécurité ont de façon générale commis dans une impunité quasi-totale des assassinats, des exécutions extrajudiciaires, des viols et des actes de torture à l’encontre des opposants politiques et des civils ordinaires. Les incidents étant trop nombreux pour être tous répertoriés, seuls quelques cas allégués sont rapportés à titre illustratif.

2. Bas-Congo

458. Le Bundu Dia Kongo (BDK) est un mouvement politique, culturel et religieux qui milite pour la défense du peuple kongo. Outre l’établissement d’un État fédéral en RDC, le BDK réclame un redécoupage des frontières du continent africain et la reconnaissance d’une province autonome du Kongo central qui rassemblerait les territoires de l’Angola, de la République du Congo et de la RDC ayant appartenu à l’ancien royaume Kongo.

3. Kasaï occidental

459. À compter de 2001, la stabilisation de la ligne de front et le déploiement de la MONUC tout au long de la ligne a permis à la province du Kasaï occidental de retrouver progressivement le calme. Dans leurs zones respectives, les FAC et les militaires de l’ANC/APR ont cependant continué à commettre des exactions à l’encontre de la population civile. Plusieurs cas ont été signalés mais l’enclavement et le manque de temps n’ont pas permis à l’Équipe Mapping de pouvoir tous les vérifier.

4. Kasaï oriental

460. Entre janvier 2001 et juin 2003, à la suite de l’instauration du cessez-le-feu et au déploiement de la MONUC le long de la ligne de front, la paix est progressivement revenue dans les parties sud et est du Kasaï oriental. Les civils ont malgré tout continué à vivre dans des conditions misérables et les femmes à être violées en grand nombre.

461. À Mbuji-Mayi, des centaines de civils, parmi lesquels de très nombreux jeunes, ont tenté de gagner leur vie en s’introduisant clandestinement dans la concession de la Minière des Bakwanga (MIBA) à la recherche d’éventuels diamants. En réaction, la MIBA et l’autorité provinciale ont fait appel à des groupes de gardiens surnommés Blondos afin d’épauler la police des mines861. Au cours de la période considérée, des éléments des FAC ainsi que, jusqu’à leur retrait de la RDC en 2002, des troupes de l’armée zimbabwéenne, ZDF, étaient également présentes sur la concession de la MIBA. La situation sur le polygone minier est devenue rapidement anarchique du fait de la concurrence entre ces différents groupes armés censés protéger la concession et de la présence parmi les creuseurs illégaux de certains éléments armés surnommés « suicidaires ».

462. Au cours de la période considérée, la situation en matière de sécurité dans le nord de la province (territoire de Katako-Kombe) s’est fortement dégradée à la suite de l’apparition de nombreux groupes Mayi-Mayi hostiles à la présence des troupes de l’ANC/APR/FRD dans le district de Sankuru. Certains groupes étaient affiliés aux mouvements Mayi-Mayi du Maniema voisin. D’autres, en revanche, sont restés plus indépendants, bien que tous étaient de fait alliés avec le Gouvernement de Kinshasa. En marge des affrontements entre les militaires de l’ANC/APR/FRD et ces groupes Mayi-Mayi, les civils ont été victimes de nombreuses graves violations de leurs droits.

 

854 La plupart de ces communications, qui concernent des centaines de personnes, ont été faites conjointement avec le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme en RDC: E/CN.4/2002/74 /Add.2, E/CN.4/2002/76/Add.1, E/CN.4/2002/77, E/CN.4/2002/79, E/CN.4/2003/3/Add.1, E/CN.4/2003/8, E/CN.3/2003/68/Add.1, E/CN.4/2003/70, E/CN.4/2004/3, E/CN.4/2004/7/Add.1, E/CN.4/2004/56/Add.1 et E/CN.4/2004/58.

861 Dans la suite du texte, le terme « gardiens de la MIBA » sera utilisé pour faire référence aussi bien aux policiers armés des mines qu’aux « Blondos ». Officiellement, les Blondos n’étaient pas armés mais en pratique ils ont ouvert le feu à de nombreuses reprises sur les creuseurs illégaux.